DANS LA PRESSE

DANS LA PRESSE - "PODE SER"

DANSERCANALHISTORIQUE, Philippe Verrièle

« PODE SER » DE LEÏLA KA 

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Jeune chorégraphe venue du hip hop, Leïla Ka aborde la question des contradictions de l’être avec une force peu commune.

La lumière dessine un ring, rond pour répondre à l’étymologie, espace d’un combat que l’on pressent immédiatement. Car la combattante se tient en lisière, prête à en découdre et décidée. Leïla ka est une « hip-hopeuse » que l’on connaît pour sa collaboration avec George Cordeiro, alias Ghel Nikaido, ancien interprète de la compagnie brésilienne de Bruno Beltrao Grupo de Rua. Ensemble, ils ont fondé en 2013 la Favela Compagnie et créé deux pièces, La table (2014) et Du bout des yeux (2015).

Pourtant difficile d’y croire vraiment tant elle parait douce dans une robe vieux rose et fluide. Tant elle semble fine et blonde et sans doute fragile. Décidément l’image hip hop ne correspond guère à cette silhouette gracile. 

Pourtant, décidée et tranchante, elle y va, rageuse, et la voilà au combat. Engagée, elle entre dans l’arène lumineuse, et boxe. Elle lutte contre l’ombre, contre l’air et contre rien car ses poings ne quittent pas sa poitrine et ne lui permettent aucune allonge. Elle affronte son propre corps et Schubert prête son opus 100 à ce combat rageur et troublant. En face il n’y a rien et ce ring n’en est pas un. Il n’y a rien que le noir et -peut-être- le spectateur, cela n’est guère certain tant tout cela reste intérieur : tempête non sous un crâne mais dans un corps soulevant sa corole de robe, arrogante et ténue, elle se lance coude en avant dans une colère rentrée qui explose par bouffées.

Soudain cela rompt, et tombe des cintres un abat-jour de chez grand-mère. Au lieu de profiter de cet accord enfin possible de la musique, du costume et de la danse, voici la lutteuse qui relève ses jupons et tourne, en baggy noir, au sol en vrai hip hop. La musique a changé mais le hiatus demeure entre la nature de la danseuse et l’univers où elle évolue. Jamais certaine de tenir la bonne place, toujours convaincue de se battre : ce solo, le premier « en propre » de cette jeune chorégraphe traduit ce tiraillement.

L’expression portugaise « Pode ser » pourrait être traduite par « il se peut » ou « elle peut être ». Elle peut être, peut-être… Et cette incertitude trouve dans l’alternance des gestuelles et la rigueur de la présence une expression très convaincante par sa sincérité autant que par la maîtrise dont témoigne la danseuse dans les divers styles qu’elle oppose. Un talent à suivre.

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CCC DANSE, Véronique Vanier

LEÏLA KA : HIP-HOP ET AU DELÀ 

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Chignon presque classique, Leïla est une princesse furieuse, une guerrière romantique, un garçon manqué, une jeune femme qui refuse les assignations et invente sa propre danse. Coudes en avant, visage buté et volontaire, elle boxe l’invisible, déploie son corps en brisures d’origami, avec une énergie rageuse.

On a déjà évoqué Leïla Ka dans un article précédent, et l’extrait de son solo Pode ser vu lors du chantier en cours présenté lors de la Biennale de la danse nous avait donné envie d’en apprendre plus. Elle dit devoir beaucoup à George Cordeiro alias Ghel Nikaido, danseur  hip hop brésilien passé par le Grupo de rua de Bruno Beltrao et qui s’installe à St Nazaire en 2008 et y fonde la compagnie Favela en 2013 avec

Leïla qui y fera ses premières armes comme professionnelle dans deux duos La Table (2014) et Du bout des yeux (2015), qu’elle interprète avec George Cordeiro. Si on y retrouve l’énergie du hip hop, on y voit déjà une dérive vers une autre écriture chorégraphique que la jeune artiste aura envie de poursuivre.

Deuxième expérience fondatrice la rencontre avec Maguy Marin pour qui elle dit avoir eu la chance d’interpréter May B et qui lui fait découvrir une théâtralité dansée qu’elle retiendra comme forme possible d’enrichissement de sa propre écriture.

Ces deux rencontres  ouvrent un espace à la jeune danseuse qui décide de passer le pas et de proposer un premier solo en tant que chorégraphe.

Un solo, en forme de question Pode Ser (Peut-être) de recherche et de doute présenté comme une quête d’identité et qui constitue aussi la naissance d’une forme d’écriture chorégraphique singulière.

Leïla Ka, montre ici les limites qu’on se donne où auxquelles on se heurte pour être réellement soi-même, de la même façon qu’elle hésite entre des formes d’écriture chorégraphique, trouvant un chemin en jouant des coudes entre hip hop, contemporain et théâtralité. Valse hésitation identitaire, la première image est celle d’une mince silhouette en long tutu fluide et pale…sous lequel on aperçoit, baskets et bas de jogging, équipement classique du hip hop.

Chignon presque classique, Leïla est une princesse furieuse, une guerrière romantique, un garçon manqué, une jeune femme qui refuse les assignations et invente sa propre danse. Coudes en avant, visage buté et volontaire, elle boxe l’invisible, déploie son corps en brisures d’origami, avec une énergie rageuse.

Visions d’un Buster Keaton féminin ou d’une Valeska Gert dans les personnages qui se créent devant nous à travers une danse qui frise le grotesque en le sublimant par une précision implacable. Lorsque la danseuse passe au sol le haut de son corps disparaissant sous sa robe et les ciseaux noirs de ses jambes tournant autour de son buste comme désarticulé, une nouvelle force surgit de ce corps. Boxeuse sans allonge et sans poing, elle retrouve la longueur d’un bras puis de deux lorsque la musique change, se jouant des codes elle mime trois pas de capoeira, donne trois tours de bassin en une danse orientale lascive, toujours dans un espace limité au centre du plateau comme contraint par la lumière qui la douche et délimite l’anneau d’un ring imaginaire.

Les bras de Leïla coupent l’espace, ses mains retrouvées le grignotent, soulèvent sa robe comme pour nous dire voilà ce qu’il y a sous les jupes des filles, des pieds qui dansent inlassablement qui entraînent la danseuse dans un tournoiement de petite ballerine de boite à bijoux, un rythme qui se casse au retour de la première musique jusqu’à cet abat jour tombé d’on ne sait où et qui loin d’apaiser la danseuse la lance au sol comme une toupie folle retrouvant les figures du hip hop un temps éloignées.

Au milieu de ce combat et de toute cette rage contenue qui explose par secousses, il y a une douceur dans ce corps, douceur qui ne s’avoue ou ne s’accepte pas encore mais qui donne des accents lyriques à certains mouvements soutenus par la partition classique de l’Opus 100 de Schubert. Mélange des genres, mixité des styles et des danses, maîtrise de l’écriture et de la scénographie Pode ser annonce la naissance d’une chorégraphe.

Leïla Ka explique que ce solo lui est apparu comme une nécessité après son passage chez Maguy Marin, comme la forme la plus appropriée pour explorer une écriture chorégraphique témoignant de son parcours personnel et de son « état des lieux ».

Ravie que Pode ser entame une belle tournée, elle a cependant d’autres projets et notamment la création d’un duo dont la première aura lieu à l’automne 2019.

Avec ce duo qu’elle crée aux côtés d’Alexandre Fandard qu’elle a choisi comme interprète, elle creuse le sillon de la question des contraintes, des empêchements qui nous limitent, ici il s’agit moins de ceux que l’on se donne mais plutôt de ceux qui nous sont imposés de l’extérieur. Les deux protagonistes de l’histoire avancent ensemble, font face ensemble, mini communauté dressée contre l’adversité qu’ils croisent en chemin :  » No Chão, (au sol en portugais), Leïla Ka interroge à nouveau le destin et les possibilités de changement.

La jeune chorégraphe et son partenaire incarnent une fraternité de présences au monde : ils questionnent l’espace inconnu qu’est la vie mais aussi les empêchements et les ennemis […] ». Une trajectoire de vie comme un combat qui puise dans les danses urbaines et les mixe avec une écriture plus théâtralisée ou plus contemporaine.

Finalement une histoire de positionnement dans la narration comme dans l’écriture.

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LES TROIS COUPS, Léna Martinelli

Focus femme au Chainon Manquant 
Leïla Ka : SOLO MONUMENTAL 

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Une étoile naît donc sous nos yeux. Le propos est fort et son interprétation magistrale. Le format est court (17 min) mais l’émotion intense. Cet instantané a la puissance d’un uppercut et d’une révélation.

Pour sa première création, Leïla Ka mêle les genres dans une chorégraphie intense. Seule sur scène face au public, sa présence est incandescente. Elle brûle littéralement les planches. Entre postures singulières et mouvements saccadés, ses membres se heurtent. Après une lutte acharnée, la jeune femme finit par s’effondrer, mais pour mieux évoluer. Sous le tutu, un survêtement et des baskets. Elle a joué des coudes. Elle bouge à présent les lignes. À cette danse brute succède alors un tourbillon hypnotique. Tel un derviche tourneur, Leïla Ka est en quête. Cherche-t-elle, comme dans une cérémonie soufi, à atteindre la source de toute perfection ? En tout cas, son élévation confine au sublime.

Que se trame-t-il derrière ce chignon tiré à quatre épingles ? S’agit-il d’une danseuse classique au corps brisé ou bien d’une breakeuse contrariée ? Entre rage et envolées lyriques, une souffrance s’exprime : la réalité, intime et sombre de l’artiste qui se cherche, celle d’un corps qui s’isole jusqu’à se trouver.

Troublante, Leïla Ka bouscule nos repères, même pour les amateurs de danse contemporaine et de hip hop qu’elle déconstruit, intégrant capoeira et danse orientale. Ce profil atypique est loin d’être une ballerine dans sa boîte à musique ! Entrée dans la danse par les portes du hip hop, interprète chez Maguy Marin pour May B, Leïla Ka danse en fait la difficulté d’être soi.

Aujourd’hui, elle est libre et est elle-même. Avec Pode Ser, elle livre le témoignage poignant d’une jeune femme qui, avec force et inventivité, se réapproprie et détourne les codes, les registres et les esthétiques pour s’affirmer. Une étoile naît donc sous nos yeux. Le propos est fort et son interprétation magistrale. Le format est court (17 minutes) mais l’émotion intense. Cet instantané a la puissance d’un uppercut et d’une révélation.

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DANSERCANALHISTORIQUE, Sophie Lesort

16ÈME ÉDITION DU FESTIVAL TRENTE TRENTE À BORDEAUX

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Non seulement excellente danseuse, elle sait aussi parfaitement jouer son personnage. On songe à La Jeune fille et la Mort tant son discours est limpide, puissant et époustouflant de vérité en seulement dix-sept minutes.

Formidable découverte avec la jeune danseuse et chorégraphe Leila Ka avec Pode Ser qui illustre la difficulté d’être soi et le désarroi d’une jeunesse dont l’avenir apparait totalement désert. Revêtue d’une longue robe fluide rose qui n’a l’air de rien, le visage fermé et le regard dur, elle déploie une danse aux bases classiques tout en conservant ses mains fermement accrochées aux bretelles de sa tenue. Ceci dépeint un enfermement, une violence intérieure qui ne demande qu’à se libérer d’un carcan invisible.

Mais, une réelle contradiction apparait sous ce vêtement féminin : un jogging et des baskets grises. Et là, la jeune interprète mélange savamment et gracieusement hip hop et danse contemporaine tout en poursuivant son thème sur la difficulté de vivre, de survivre. Non seulement excellente danseuse, elle sait aussi parfaitement jouer son personnage. Mais, alors que ses bras se libèrent enfin, qu’elle semble avoir retrouvé une certaine liberté, un coup de feu stoppe tout. Noir ! On songe à La Jeune fille et la Mort tant son discours est limpide, puissant et époustouflant de vérité en seulement dix-sept minutes.

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INFERNO MAGAZINE, Yves Kafka

LA FOLLE JOURNÉE DE TRENTE TRENTE

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« Pode ser », coup de cœur unanime, embarque dans un solo où dans un tourbillon propre à donner les frissons aux plus repus, se succèdent différents langages chorégraphiques – du classique investi au hip hop incarné – pour traduire les étapes d’un parcours personnel hors norme. Débordante d’un talent subjuguant, d’une générosité communicative et d’une sincérité à vif, Leila Ka – c’est son nom – transcende par sa seule présence l’espace.

Jean et tennis sous une robe longue de ballerine, visage contraint posé sur des épaules agitées par des soubresauts saccadés, marionnette désarticulée mue par des volontés externes qui en tirent les fils, corps libéré qui se roule au sol, gestes électriques ou harmonieux, tous les stades de la parthénogénèse de l’artiste sont passés en revue dans un concentré d’une quinzaine de minutes fondatrices.

Et lorsque l’on ajoutera que l’enivrante musique de Schubert, Andante con moto, entendue dans Barry Lyndon de Stanley Kubrick est convoquée, on comprendra l’intensité quasi indicible de l’émotion partagée. « Pode Ser » (peut-être), révèle sans nul doute la quintessence de l’art en mouvement.

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TOUTE LA CULTURE, Eriksen 

JOURS MERVEILLEUX AU FESTIVAL TRENTE TRENTE 

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Pode Ser de Leila Ka, le clou de cette série.

Un papillon aux ailes non dépliées s’éveille et s’agite. Inquiétude et curiosité, rêves et révoltes…, l’éclairage vertical dramatise le visage adolescent. Une robe vieux rose sur un baggy noir de Hip Hop marque la diversité des sources d’une identité et la richesse des combinaisons qui la nourrissent. De même la diversité des musiques.

La gestuelle précise et fluide de Leila Ka sert aussi bien la douceur et la furie, la jeune fille en fleur et la guerrière. Un rêve semble naître, occuper puis pousser les limites, se coltiner aux machos du Hip-Hop, s’en relever, être asservi et s’en relever encore.. : « Pode ser » dit que c’est possible.

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TOUTE LA CULTURE, Rofé Sarfati

LES PÉPITES DU FESTIVAL TRENTE TRENTE

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Tout est radicalement magnifique. La jeune chorégraphe hypnotise la salle. Chacun retient son souffle devant la beauté du geste, mais aussi devant ce combat entre cette formidable artiste  et la musique, un combat qui parfois évoque la boxe, parfois le viol. Le spectacle de dix sept minutes fait la gloire de l’ensemble du festival. 

Leila Ka apparait devant nous en tenue hybride, en mi danseuse classique mi danseuse de rap. Elle pourchasse à  illustrer la difficulté d’être soi au travers d’un dialogue brut, fabriqué de différents langages chorégraphiques, à la recherche des identités multiples qui constituent sa personne aux différentes étapes d’une vie.La musique de Schubert fait place un moment à de la musique électro. La danse intrique l’élégante élasticité de l’agressée à la raideur d’une combattante.

Tout est radicalement magnifique. La jeune chorégraphe hypnotise la salle. Chacun retient son souffle devant la beauté du geste, mais aussi devant ce combat entre cette formidable artiste  et la musique, un combat qui parfois évoque la boxe, parfois le viol. Le spectacle de dix sept minutes fait la gloire de l’ensemble du festival. 

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REGARTS

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Dans cette intense et puissante chorégraphie, Leïla Ka exprime un intime, un vécu où la violence des choix et des accidents s’expriment avec force, conviction et beauté.

Une douche de lumière dessine une silhouette aux allures de femme. Tour à tour animale et humaine. Les mains liées au torse comme la contrainte faite à un corps par un esprit ou le contraire, à un esprit par un corps. Un corps qui s’exprime soudain comme si une énergie fulgurante, indomptable surgissait du ventre du dos, de l’intérieur. En vagues, en saccades. Tandis que déferle dans l’espace le poignant 2ème trio de Schubert.

Puis c’est la rupture. Le choc. Le corps se syncope encore plus sous l’assaut de sons techno. Déclanchement de figures hip-hop qui segmentent l’esthétique convenu, entendu de la danseuse, de sa robe, de sa féminité. Dans cette intense et puissante chorégraphie, Leïla Ka exprime un intime, un vécu où la violence des choix et des accidents s’expriment avec force, conviction et beauté.

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